/ Foyer de vie La Chevanière
Immersion au foyer de vie La Chevanière
Et si la santé mentale ne se jouait pas uniquement dans les dispositifs de soin, mais aussi dans la manière dont un lieu est pensé, habité… et cultivé ?
Au foyer de vie La Chevanière, à Charnay-lès-Mâcon, cette hypothèse prend une forme concrète.
Implanté sur un parc de près de trois hectares — bois classé, verger, potager — l’établissement accueille 32 adultes en situation de handicap psychique stabilisé, avec pour intention de soutenir des parcours de vie, d’autonomie et de stabilisation dans un cadre structurant.
Ici, l’environnement ne relève pas du décor.
Il fait partie intégrante de l’accompagnement.
Produire, mais surtout s’ancrer dans le réel
Le potager, activement investi par les résidents, permet une production significative, avec une quasi-autonomie alimentaire sur plusieurs mois.
Mais l’essentiel n’est pas là.
Le travail avec le vivant permet de :
L’activité devient ainsi un point d’appui pour se stabiliser et se projeter.
Une organisation réellement décloisonnée
Le point le plus structurant tient à l’organisation même de l’établissement.
Le jardinier n’y occupe pas une fonction périphérique ou simplement technique.
Il est pleinement intégré à l’équipe. Comme l’ensemble des salariés, il participe aux temps d’Analyse des Pratiques Professionnelles (APP), au même titre que les équipes éducatives, psychologiques et d’accompagnement.
Autour de lui, une équipe pluridisciplinaire associe psychologue, éducateurs, professionnels de l’accompagnement et équipe de restauration sur site.
Ce fonctionnement traduit un choix clair : le sens de l’accompagnement se construit collectivement, à partir de regards croisés et de savoirs complémentaires.
Adapter les modalités aux capacités de chacun
Parce que tous les résidents ne peuvent pas participer au maraîchage, un second niveau a été structuré : le jardin thérapeutique.
Organisé en cycles adaptés, il permet de mobiliser autrement les personnes à travers entre autre :
La volonté est de permettre à chacun de prendre part, quel que soit son niveau d’autonomie.
Du jardin utilisé au jardin pensé
Dans la continuité de cette démarche, l’établissement a engagé la création d’un Jardin de Vie, conçu comme un véritable espace d’accompagnement :
Conçu de manière collaborative avec les équipes et déployé en plusieurs phases depuis 2023, ce projet marque un déplacement important :
le vivant n’est plus seulement utilisé ; il est pensé comme un cadre structurant de l’accompagnement.
Ce que cette expérience met en lumière
Au-delà du dispositif lui-même, trois éléments apparaissent :
Mise en perspective : une seule santé
Ce qui se joue à La Chevanière entre directement en résonance avec les enjeux portés dans ce hors-série :
Là où One Health propose un cadre conceptuel, le terrain en offre ici une traduction concrète, structurée et opérationnelle.
Il ne s’agit pas d’un modèle à reproduire à l’identique.
Mais d’un point d’appui.
La démonstration que d’autres formes d’accompagnement existent déjà, qu’elles sont pensées, construites et éprouvées, et qu’elles interrogent directement nos cadres habituels.